J’aime co bin voir un ami sur les planches


J’aime co bin voir un ami sur les planches, mais pas trop près.

J’aime co bin le regard de l’ami, quand le rideau se lève, repère dans la salle et s’arrête rapidement sur les têtes connues, par de petits mouvements d’yeux et de tendre détresse, il exprime : vous êtes là, je vais pouvoir asseoir mon texte, en pays connu.

Le pays de la scène demande une distance.

Mais con…on se met quand même au premier rang ; on a envie de dire : Comment ça va ? Arrête de jouer, c’est moi ! Pas tout seul.

Les autres sont venus voir jouer. On est au théâtre.

Il faut que les regards ne se croisent, l’ami, il a les yeux rentrés sur ses pompes, la pièce devient auditive : Ne pas s’approprier les yeux de celui qui a pris le risque des planches.

Je bouche un de mes sens, j’écoute, je sens la présence, le jeu. Un mouvement réciproque, à distance un peu télépathé.

Sous le costume de comédien, je reconnais toujours son essence.

J’aime co bin voir un ami sur les planches, car cela veut dire que lui, ses rêves, il en fait quelque chose.

Avec son corps son âme, il brumise le premier rang de son enthousiasme et sa fougue, il imprègne le texte, dans sa chemise, suaire humide des mots.

J’aime co bin, voir un ami sur les planches, après le jeux , le sas, ou il tombe sa peau de comédien, et reboutonne, consciencieusement sa peau d’humain, dans le caisson de décompression qui va de la scène à la vie.

Avec timidité, je laisse passer les grandes dames moites qui ont tout compris et le serrent dans les bras avant d’acheter le texte de la pièce.

Après je pourrai le féliciter d’une accolade et accrocher à mes vêtements quelques peluches de rêves, de magie de théâtre pour me parer contre les maux.

J’aime co bin en le suivant dans les rues vers le petit restaurant qu’il a réservé l’écouter refaire la pièce comme on refait un match ou une étape du tour, connaître les secrets d’artisan où l’on parle et pèse les outils et le produit fini ou l’on mesure la distance, la façon.

Mais le meilleur…C’est quand même quand la scène me le rend avec son Hellinisme, avec sa Thierrytude.

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