Vu à la brasserie du Prince d’Orange


La salle est vide ,cela pourrait être un rêve, une brasserie à  l’ancienne ,les gens sont là soit pour les affaires soit pour passer le temps trop long .

Ils sont deux par deux aux tables.

Devant la brasserie dans un rayon de soleil deux amis discutent sur la terrasse avec des Chardonay: Ils boivent comme des gorgées de lumière , l’été est loin, mais l’automne en ce temps de midi, en a gardé le goût .

A l’intérieur,deux autres amis s’installent sous les indications du Maître d’hôtel qui fait semblant de réfléchir où les placer alors que la salle est archi-vide .

Ils réinstallent leur amitié dans une chorégraphie mêlée  de bons mots et de regards.

Puis viennent s’asseoir à côté d’eux un couple D’amis?D’amants? D’anciens quelque chose…Un sentiment, on ne sait pas dire quoi, car c’est froid .Ca a l’habitude, mais c’est froid.La femme, non, c’est une dame, ne se met pas en face ;une table de deux mais un couple à angle droit. Elle est vêtue d’un fin pull tacheté ,quelque chose de prix ,cela évoque la panthère, un félin, Ca a vécu, Ca a dû griffer, cela a un regard encore bien vif, bien que les yeux soient immobiles ,jeune, qu’est-ce que cela a dû être beau! Le reste est érodé, mais seul l’âge est coupable, car ca a fait attention toute sa vie.

 

L’étrange- Est-ce étudié ?Mais le tacheté du pull se prolonge sur ses bras ,comme si elle avait assorti son vêtement à sa peau.

Lui, un pull,un veston,il est bien habillé, mais ce n’est manifestement pas lui qui choisit,elle lui fait des remarques sur l’ouverture, la fermeture, le port du vêtement Elle se fait rare, mais on a compris que cela ne devait pas bailler.Il s’y plie sans broncher .Cela n’est pas vraiment important pour lui car il n’est qu’intellect,c’est comme si on lui avait greffé une oreillette et qu’il répétait une manière de revue de presse sur les philosophes, les penseurs, les érudits,les psychanalistes, les psychologues, les mixages et les liens entre ces genres ne sont pas spécialement clairs mais il y a certainement un fil. Le récit va vite.Interompu par des remarques féminines de maintien-Ton veston baille!Cest un moment, un segment de vie , la curiosité de savoir ce que ces deux là vont faire après leur repas, s’enfermer dans des bureaux ,des petits salons personnalisés, regagner des territoires de solitude ?

Le spectacle était amusant, et la question que se posait les deux amis était: »Au terme de la vie,devient-on des caricatures ? »

A leur âge, il pouvait encore l’échanger dans un rire »

Mais, demain?

Il valait mieux éviter la question

Tom Atfarcy

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